diggestion et fête

23

Déc

Cortisol et graisse abdominale

Comment préparer son corps aux excès des fêtes

On le sait tous, les fêtes de fin d’année riment souvent avec repas plus riches, rythme perturbé et fatigue accumulée.
Je vous propose de comprendre les mécanismes de stockage et d’élaborer une routine simple avant les grands repas de fêtes, afin de favoriser une meilleure digestion et de profiter pleinement de ces moments festifs.

Les excès font grossir, on le sait.
Manger plus que ce dont le corps a besoin conduit au stockage. C’est une réalité physiologique simple.

Mais un excès ponctuel, pris dans un corps reposé et bien régulé, n’entraîne pas mécaniquement une prise de graisse durable.

Ce qui fait la différence, ce n’est pas uniquement ce que l’on mange,
c’est le contexte dans lequel on mange.

Lorsque les excès s’additionnent à :

  • la fatigue,
  • le stress,
  • un sommeil perturbé,
  • une respiration bloquée,
  • peu de récupération,

le corps interprète la situation comme plus exigeante.
Il s’adapte alors en favorisant le stockage, en particulier au niveau abdominal.

Le principal acteur de cette adaptation s’appelle : le cortisol.

Le cortisol : une hormone d’adaptation, pas un ennemi

Le cortisol est une hormone essentielle, sécrétée par les glandes surrénales.
Son rôle est de permettre au corps de s’adapter : mobiliser de l’énergie, augmenter la vigilance, faire face à une situation inhabituelle.

En situation ponctuelle, le cortisol est bénéfique.
Le problème apparaît lorsqu’il reste élevé trop longtemps, comme c’est souvent le cas en fin d’année : surcharge mentale, fatigue accumulée, manque de récupération, respiration peu ample.

Le corps entre alors en mode économie.

Pourquoi le cortisol favorise la graisse abdominale

La zone abdominale, et en particulier la graisse viscérale, est très sensible au cortisol.

Lorsque le cortisol est élevé de façon répétée :

  • la glycémie augmente,
  • l’insuline est davantage sollicitée,
  • le métabolisme s’oriente vers la mise en réserve.

Le corps ne stocke pas par excès de gourmandise ou par manque de volonté.
Il anticipe, il se protège.

Un organisme fatigué et stressé cherche avant tout à sécuriser ses ressources.

Pourquoi les fêtes accentuent ce phénomène

La période des fêtes cumule plusieurs facteurs :

  • journées plus chargées,
  • sommeil plus court ou de moins bonne qualité,
  • moins de mouvement doux,
  • plus de repas pris rapidement ou tardivement.
  • parfois le stress de l’organisation ou des retrouvaille familial

Dans ce contexte, même un repas festif “normal” peut être vécu par le corps comme une contrainte supplémentaire, et non comme un simple plaisir ponctuel.

Le stockage devient alors une réponse logique.

Préparer son corps avant les fêtes : les leviers essentiels

L’objectif n’est pas de compenser ni de contrôler davantage, mais de préparer le système.

Respirer pour apaiser le système nerveux

Une respiration lente et ample :

  • stimule le système parasympathique (repos–digestion),
  • diminue le cortisol,
  • favorise la mobilité des viscères.

Quelques minutes suffisent pour envoyer un message clair au corps : tout va bien.

Marcher pour soutenir digestion et régulation

La marche douce est l’un des outils les plus simples et les plus efficaces :

  • elle stimule le transit,
  • régule la glycémie après les repas,
  • diminue naturellement le stress.

D’ailleurs, vos grands-parents ne faisaient-ils pas déjà une marche digestive après le repas ?
Sans le savoir, ils appliquaient un principe physiologique simple et toujours valable : bouger doucement aide le corps à digérer et à réguler.

10 à 20 minutes, à allure confortable, sont amplement suffisantes.

Redonner de la mobilité au centre – masser votre ventre

Un ventre constamment contracté ou “tenu” :

  • limite la respiration,
  • freine la digestion,
  • augmente la tension interne.

Mobiliser doucement le tronc, laisser le diaphragme bouger librement, masser le ventre lentement permet souvent de retrouver rapidement plus de confort — parfois avant même toute modification visible.

Adapter le mouvement

À l’approche des fêtes, il est souvent plus judicieux de :

  • réduire l’intensité,
  • privilégier la qualité du mouvement,
  • coordonner respiration et geste.

Un excès d’entraînement intense, sans récupération suffisante, entretient un cortisol élevé.

Et la posture dans tout cela ?

On l’oublie souvent, mais la posture influence directement la digestion et la régulation du stress.

Un corps affaissé, comprimé ou constamment “tenu” :

  • limite le mouvement du diaphragme,
  • comprime les viscères,
  • entretient une respiration haute et rapide,
  • envoie au système nerveux un signal de vigilance.

À l’inverse, une posture organisée — et non rigide — crée les conditions pour que le corps fasse son travail.

Ce que le corps comprend à travers la posture

  • Une colonne qui s’allonge sans se crisper permet au diaphragme de bouger librement.
  • Un bassin posé, des appuis clairs, libèrent le ventre de la nécessité de “tenir”.
  • Une cage thoracique mobile favorise une respiration plus ample et plus calme.

Après un repas : l’erreur fréquente

S’affaler ou se figer dans une posture rigide ralentit la digestion.
À l’inverse, rester vertical, mobile et respirant, même simplement en marchant doucement, facilite le travail digestif.

La bonne posture n’est pas une position à maintenir,
c’est une organisation qui laisse circuler.

Rituel pré-fêtes en 10 minutes

À pratiquer idéalement en fin de journée ou avant un grand repas

1. Respiration – 3 minutes
Assis ou allongé, mains sur les côtes basses.
Respiration nasale lente, expiration longue.
Laissez le ventre se relâcher.

2. Mobilité douce – 4 minutes

  • cercles lents du bassin,
  • rotations douces du tronc,
  • étirements des flancs sans forcer.

3. Auto-massage du ventre – 3 minutes
Mains chaudes, pression légère.
Mouvements circulaires lents, respiration libre.

Objectif : apaiser, mobiliser, redonner de l’espace, sans forcer.


Conclusion

Préparer son corps aux fêtes, ce n’est pas se restreindre.
C’est créer les bonnes conditions physiologiques pour mieux digérer, mieux récupérer et profiter pleinement de ces moments.

Un corps reposé, respirant et mobile stocke moins, digère mieux et récupère plus vite.